PALMYRA HOTEL, BAALBEK, LIBAN

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PALMYRA HOTEL 4*

Adresse: Bekaa, Baalbek, Liban                                                                                  

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Annex Palmyra Single Room 115 $
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BAALBEK

Baalbeck est, pour de nombreux routards, le but d’un voyage au Liban, comme le Taj Mahal peut l’être pour l’Inde. C’est un des sites archéologiques les plus spectaculaires du Proche-Orient, les deux autres étant sans doute Palmyre et Pétra. Mais, contrairement à ces deux endroits, Baalbeck n’est pas un site étendu. On n’y trouve d’ailleurs pas toutes ces installations qui fleurissaient dans l’empire romain, thermes, théâtres et autres commerces disposés le long d’un cardo. Seuls demeurent les temples, confirmant la nature essentiellement religieuse de la cité. Les lieux sont consacrés à Baal-Hadad, divinité phénicienne, aux origines peut être mésopotamienne voire égyptienne, dédiée au ciel et au soleil. Comme ils l’on fait ailleurs, les romains n’ont pas manqué pas de se servir dans le catalogue des cultes des peuples conquis, et de s’approprier Baal-Hadad qui devint Jupiter Héliopolitain auquel furent ajoutés deux consorts, Venus et Mercure, pour former la triade héliopolitaine à laquelle sont dédiés les temples de Baalbeck. Ce à quoi nous avons affaire parait donc être une belle affaire de métissage culturel - et cultuel - comme on en a vu à l’époque d’Alexandre le Grand (cf. son passage chez l’oracle de Jupiter-Amon à Sioua et son couronnement à Memphis) et, plus près de nous, à Palmyre et sa culture hybride, avec, notamment, son étrange temple de Bel. Ce phénomène, si étrange qu’il puisse paraître, faisait un peu l’affaire de tout le monde. Il permettait aux romains de s’installer durablement dans des territoires lointains en donnant à des peuples indigènes une certaine liberté de culte. Le goût des romains pour ces croyances exotiques dépassait les stricts intérêts stratégiques puisqu’il allait jusqu’à l’importation - n’oublions pas, par exemple, l’existence, en plein Rome, d’un culte au dieu gréco-égyptien Sérapis... 

Qui a construit les temples de Baalbeck?

Aucun empereur romain ne s’en est vanté. Une chose est sure, la construction de ce titanesque ouvrage a du s’étaler dans le temps. Ces temples, situés hors d’un grand centre urbain, faisaient partie d’un réseau de sanctuaires que les romains ont parsemé sur les flancs de la montagne libanaise, du Mont Hermon au Sannine en passant par la Bekaa et qui était souvent liés à la fertilité. Ce détail n’est pas innocent, vu le rôle agricole de certaines contrées, et explique la présence de Venus, déesse de l’amour et de la fertilité, dans cette histoire. Ces temples, dont certains sont à des altitudes assez levées, constituent une sorte de trame, et Baalbeck pourrait en être la pièce maîtresse.

- les hauts et les bas -
Avec la christianisation de l’Empire Romain, c’est le début de la fin. Constantin fait fermer les temples, les transforme en basiliques chrétiennes, mais ce sont surtout les destructions qui commencent. Colonnes et autres morceaux prélevés de ci-de là, images saccagées pour cause de crise iconoclaste, etc. Viennent ensuite les Arabes, qui transforment le sanctuaire en place forte militaire tout en se servant aussi dans ce qui est devenu une carrière de construction. C’est l’abandon, l’oubli, la ruine. Baalbeck continue toutefois d’exister dans l’imaginaire collectif par des récits de voyageurs qui ne cessent de vanter la grandeur des monuments. Au XVIIIe siècle, on commence à s’intéresser sérieusement tant à l’orient qu’aux antiquités. David Roberts se rend en Terre Sainte et réalise à Baalbeck de magnifiques aquarelles tandis que l’architecte révolutionnaire Etienne-Louis Boullée, qui possède dans sa bibliothèque des descriptions des monuments de Syrie, s’inspire des proportions du temple de Jupiter dans la conception de sa Métropole. Un siècle plus tard, la visite du Kaiser Guillaume II de Prusse lance l’aventure archéologique allemande à Baalbeck, relayée, à partir des années 1920, par les missions françaises. Après la seconde guerre mondiale, c’est le nouvel âge d’or, dans un Liban en plein essor: la naissance du festival, qui bat son plein dans les années 1960-70 avec Aragon, Cocteau, Oum Koulsoum, Béjart, Alvin Ailey, Rostropovitch, Charles Mingus et Joan Baez. C’est aussi la génération beat, qui lance sur la route des adeptes de Kerouac en quête d’illumination. Et, sur les chemins de Katmandou, de Kaboul (encore!), de Bali (déjà!) et de Goa, Baalbeck est une étape de choix pour les freaks qui ont trouvé un endroit ou l’on fume de l’herbe comme on boit du rouge. En 1975, la fête est finie, c’est la guerre du Liban. Baalbeck est au purgatoire, et doit attendre vingt ans, jusqu’au milieu des années 1990, pour reprendre sa place sur les itinéraires du Proche-Orient et retrouver son festival avec son cortège de stars.

- on the road -
La route est longue, monotone et ennuyeuse. Des bâtisses disgracieuses y sont alignées en continuité depuis Chtaura. Elles alternent avec les panneaux publicitaires, les check points militaires et le matériel de propagande politique et religieuse des différentes parties en présence qui marquent leurs territoires dans la Bekaa. Un rond point est agrémenté d’une reproduction en carton pâte du Dôme du Rocher de Jérusalem. Au niveau de la bifurcation de la route de Hermel, une autre curiosité: Des colonnes en granit rose de provenance romaine, sans base ni chapiteau, assemblées en cercle. C’est un cénotaphe musulman nommé Quobbet Douris qui était autrefois couvert d’une coupole. Et puis, le paysage se dégage. A gauche, on construit une mosquée recouverte de céramiques colorées. L’inspiration est visiblement persane. A droite, un panneau marron indique la direction de la carrière de pierre calcaire qui fut utilisée par les romains pour dégager les immenses blocs nécessaires à l’édification des temples... C’est souvent le premier site que l’on visite à Baalbeck. Un immense bloc de pierre taillé est toujours là, comme suspendu dans le temps. Son échelle cyclopéenne donne une idée de l’ampleur des chantiers de construction dans l’antiquité. Cette petite visite, qui rappelle un peu celle de l’Obélisque inachevé à Assouan, achève de mettre l’eau à la bouche...

On revient sur la route principale. Sur la droite, les bâtiments se sont fait plus élégants. Façade néoclassique pour une banque, et puis, deux belles maisons, l’Hôtel Palmyra et son annexe. Ce palace décrépi vieux de 100 ans a vu défiler stars et têtes couronnées. Nous sommes en face de l’acropole de Baalbeck, le principal site archéologique, dont on découvre enfin les fameuses colonnes, celles pour lesquelles on est venu de si loin.

- venus et les marchands du temple -
Direction, les guichets d’entrée du site. Les principaux temples sont construits sur une hauteur ou acropole, qui fut fortifiée par les Arabes. En face de ce complexe se trouve un des plus beaux édifices de Baalbeck, le Temple dit de Vénus. On ne peut pas le visiter, mais on le voit bien  de l’extérieur. Perché sur podium précédé de marches, c’est un petit édifice circulaire animé par une alternance de colonnes et de niches. C’est un summum du raffinement tant dans la conception du plan que dans la décoration.

- jupiter et ses six colonnes -
On arrive à l’escalier par lequel on grimpe pour arriver à l’enceinte de Jupiter. L’escalier d’origine, qui était grandiose, fut détruit par les Arabes lors de la fortification du site. Celui que nous empruntons est moderne. Au sommet des marches, les propylées déployaient une imposante façade avec une colonnade et deux tours d’angles, précédant la cour hexagonale, intéressante pour son plan centré assez inhabituel, puis la grande cour. C’est un des moments forts de la visite. Cette grande cour bordée de portiques et d’exèdres est un génial dispositif scénographique précédant le temple lui-même dans lequel se déroulaient les processions sacrées. La fortification du site a permis à cet ensemble d’être relativement bien conservé, ce qui n’est malheureusement pas le cas du grand temple de Jupiter. Ce mastodonte architectural fut victime des aléas de l’histoire et les tremblements de terre. Seules les six fameuses colonnes, soutenant un fragment d’entablement, tiennent toujours debout. Et quelles colonnes! Elles sont hautes de 20m et leurs fûts sont taillés dans un seul bloc de pierre. On peut, en faisant le tour du podium qui délimitait le périmètre du sanctuaire (on voit bien la base des colonnes disparues) se rendre compte de sa superficie, plus proche de celle d’un terrain de foot que d’un lieu de culte habituel. La colonnade du temple de Jupiter est devenue un landmark, la carte postale la plus fameuse du Liban. En été, elles servent de toile de fond aux spectacles qui se déroulent dans le cadre du Festival International de Baalbeck. Herbert von Karajan dirigeant la cinquième de Beethoven, Sting au meilleur de sa forme, Johnny Hallyday en superproduction, Fayrouz et le nuits libanaises, Massive Attack plein la figure ... Et le  chorégraphe américain Merce Cunningham, qui a su faire jouer ses danseurs avec les lieux. Les faire danser dans l’obscurité, à la seule lueur de la lune, avec les silhouettes des colonnes comme des gardiens imperturbables, et supprimer l’accompagnement sonore au moment du chant du Muezzin, utilisant ce dernier au lieu d’en être dérangé.

- le petit (!) temple -
Sur le flanc gauche du temple de Jupiter Héliopolitain se trouve le temple dit, sans doute à tort, de Bacchus, que les archéologues nomment ‘petit temple’.  Moins gigantesque que son illustre voisin, il est non moins impressionnant car bien mieux conservé. Lui aussi doit son salut aux arabes qui le fortifièrent. Près de son entrée se trouve d’ailleurs une tour mamelouke. Il est, comme tous les temples romains, surélevé, et donc précédé d’un escalier monumental. Sa façade principale a perdu son fronton mais une bonne partie de la colonnade qui l’entoure est toujours là. En faisant le tour du bâtiment, on est tenté de lever les yeux. Et de découvrir les reliefs sculptés avec une iconographie dionysiaque mais dont les visages ont été systématiquement détruits. Erosion ? Non, crise iconoclaste à l’époque byzantine. D’ailleurs, le temple de Bacchus fut, un temps, transformé en église. L’intérieur est non moins grandiose. On y accède par une porte dont le linteau semble sur le point de s’écrouler sur nos têtes. Le naos est une vaste salle rectangulaire avec un décor de pilastres et de niches sur deux niveaux superposés. Sur les murs, des géants semblent avoir laissé des graffitis à plus de 4m de haut. Comme à Abou Simbel, le temple de Bacchus était ensablé quand il était découvert par les voyageurs du XIXe siècle. Comme le voulait la coutume d’alors, ces derniers laissaient une trace de leur passage sur ces vénérables pierres. Acte qui, aujourd’hui passerait pour du vandalisme. Mais les graffitis du temple font partie de son histoire. Le plus fameux de ces voyageurs est le Kaiser Guillaume II de Prusse, et une double plaque commémorative de ce passage se trouve sur le mur de droite. En voyage dans  l’Empire Ottoman, il visite Baalbeck en venant de Damas. C’est le coup de foudre. La passion du Kaiser pour ces ruines est à l’origine des missions archéologiques allemandes à Baalbeck qui ont largement contribué à la connaissance et à la restauration du site. L’archéologie allemande à Baalbeck se poursuit jusqu’à nos jours. Pour commémorer le centenaire de la visite de Guillaume II, un musée fut inauguré en 1998. Conçu par l’Institut Allemand d’Archéologie, il est magnifiquement installé dans la grande galerie voûtée qui se trouve sous la grande cour de Jupiter. Le lieu est spectaculaire. Les collections ne sont pas très importantes mais la muséographie particulièrement claire et didactique. Les amateurs d’objets de fouilles ne sont cependant pas en reste, puisque tout le site est jalonné de fragments architecturaux, sculptures, et autres sarcophages... à l’instar des deux têtes de lion en contrebas du temple de Jupiter et que l’on photographie souvent avec les fameuses colonnes.

- mosquées omeyyade et mamelouke -
Baalbeck est un site archéologique exceptionnel. Pas très étendu, comme Palmyre, mais très impressionnant. Les temples se trouvent en bordure de la ville et entretiennent avec celle-ci une curieuse relation d’amour haine. Les habitants de Baalbeck reprochent aux organisations touristiques et au festival d’emmener les gens jusqu’ici mais de boycotter leur ville. Qui ne manque pourtant pas d’attraits. Juste en face de l’entrée du site archéologique, on distingue une curieuse façade composée de trois travées à doubles pentes. C’est la mosquée des Omeyyades, un des plus anciens témoignages de l’architecture islamique au Liban. Si la porte des lieux est close, le gardien, qui n’est jamais loin, sera ravi de l’ouvrir aux visiteurs. L’édifice est conçu, comme les premières mosquées classiques, sur le plan de la maison du prophète à Médine, avec une cour et une salle de prière composée de trois nefs. L’influence des basiliques paléochrétiennes et byzantines et très présente. Les colonnes sont des remplois d’édifices romains du coin. La mosquée, qui était en ruines, fut rénovée dans les années 1990. On devrait plutôt dire reconstruite, tant elle parait neuve aujourd’hui. La toiture en bois n’est donc pas d’origine, mais on ne peut s’empêcher de la trouver très belle. Un autre témoignage intéressant de l’architecture islamique se trouve à l’autre bout de la ville, près de la source de Ras el Ain, au sud est. C’est une mosquée mamelouke en ruines adossée à une colline. On distingue clairement ici aussi, la cour à portique et les trois nefs avec arcades.

- les livres de monsieur h -
Entre ces deux mosquées, Baalbeck est une ville particulièrement pittoresque. On pourra flâner sur les bords de la rivière, prendre un narguilé dans une des guinguettes de Ras el Ein, faire une pause parmi les familles endimanchées dans le jardin municipal, ou plonger dans le marché, populaire et haut en couleurs, souvent à la rencontre de gens extraordinaires. Et des gens extraordinaires, il y en a. Demandez ou se trouve la maison de Abdo Mourtada al Husseini (près du King’s restaurant) et allez lui rendre visite. Ce monsieur qui doit aligner facilement 85 balais possède une bibliothèque privée qu compte près de 100.000 ouvrages! Sa maison, de dimensions assez modestes, est un vrai capharnaüm dans lequel sont entassés des volumes qui forment naturellement les galeries d’un labyrinthe. Husseini est un bibliophage, il collectionne tout. Vous trouverez des livres dans toutes les langues, du turc au russe, traitant de toutes sortes de sujets possibles. Aucun inventaire n’a jamais été dressé de cette fascinante collection. D’autres membres de la famille Husseini, une des grandes familles de la région, possèdent de magnifiques demeures avec des jardins ombragés et de beaux bassins, véritables havres de paix et de fraîcheur auxquels vous aurez peut être le privilège d’accéder...

En 2006, le Festival International de Baalbeck fêtait son cinquantième anniversaire. Un grand évènement pour le Liban. Le 25 juin de cette année, les étudiants en 2e année de l’Ecole des Arts Décoratif de l’ALBA présentaient 50 ans de lumière, un spectacle libre évoquant l’histoire du festival, avec la voix de Jean Cocteau «spectateurs!», les dames en blanc, la sensualité de Oum Koulsom, représentée par un seul volatile (le rossignol du Caire) au pied d’un micro sur une scène vide, le comité du festival – superbes panneaux roulants -, les nuits libanaises – transposées en manifestation avec des banderoles – et une Feyrouz monumentale, les maîtres de la musique – une nacelle spatiale pour Karajan, des déhanchements sexy pour Rostropovitch - et de la danse – un Alvin Ailey arachnéen dialoguant avec un Noureev acrobate, un Béjart et ses béjarettes une Carolyn Carlson toute en baguettes, le jazz – et les dandinements de Ella Fitzgerald… puis… la guerre, l’interruption du festival, la scène vide et noire.. pour finir sur la renaissance, le scintillement des petites lumières… Quelques jours plus tard, c’est Feyrouz en personne qui devait ouvrir le festival. Après une soirée réservée aux habitants, de la ville, c’est un autre type de spectacle en son et lumière qui a été réservé à Baalbeck et au Liban.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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